Harmattan - 40, Rue St Jean 74120 MEGEVE FRANCE - Tél. +33 (0)6 67 01 93 81

Mes grosses bonnes-femmes

C’est avec beaucoup de tendresse et d’affection que l’on regarde et que l’on touche ces sculptures en raku : les grosses bonnes-femmes d’Annie Cotterot.

De prime abord les gens sont toujours gênés lorsqu’ils entrent dans la galerie pour me demander des informations sur ces œuvres car ils ne savent jamais comment les nommer.

Elles sont évidemment belles et tendres, pleines de douceur… et de rondeurs aussi c’est certain. Mais notre culture fait que nous parvenons difficilement à prononcer ces simples mots : grosses bonnes femmes. Et pourtant il faut bien se rendre compte d’une chose : au-delà des mots discourtois nous les aimons ces femmes ! Leurs formes sont généreuses, maternelles… elles ne correspondent pas aux canons de la beauté physique, mais en revanche, elles correspondent aux canons de l’amour filial. Car en vérité : ce sont nos mères et nos grands-mères qui sont là. C’est leur générosité, leur amour inconditionnel, leur cuisine un peu, peut-être… leur gaieté et leur coquetterie aussi… et nous aimons cela en chacune d’elles.

Tandis que j’écris ces lignes j’imagine également quelques sourcils circonspects se froncer. Non bien-sûr : ni vos mères, ni la mienne ne sont forcément marquées de cet en-bon-point, pas plus d’ailleurs qu’elles ne sont nécessairement noires. Mais la forme et la couleur ne sont que des éléments inductifs, des inférences comme on dit. Les formes plaisent à notre œil, et le sens sous-jacent plait à notre inconscient.

C’est beau l’art n’est-ce pas ?!

Et puis, pour revenir à cette expression : grosse bonne femme. Bien moins que péjorative, elle possède une certaine dignité. Il s’agit là de femmes bonnes et généreuses… comme des hommes sont bons et braves. Et c’est bien un compliment dans ma bouche comme dans les yeux des clients qui les regardent !

Alors n’ayons pas peur d’aimer nos grosses bonnes femmes et de les nommer comme elles le méritent !