Galerie Harmattan

40, rue Saint Jean 74120 Megève FRANCE

Tel. +33 (0)6 67 01 93 81


Plonger dans l’œuvre de YaNn Perrier a un sens particulier, car ici il y est bien question de profondeurs physiques, bien qu’impalpables… il y est bien question d’immersion, bien que dans un solide. Et pourtant du regard et de la pensée, par la limpidité des matériaux, nous plongeons

réellement et ostensiblement dans les sphères de YaNn. Nous pénétrons l’œuvre, glissons dans les anfractuosités, découvrons des formes et des couleurs… Les profondeurs sont abyssales, les à-pics vertigineux. Ces mondes captivent tellement l’esprit que nous réduisons naturellement notre propre échelle pour mieux y voyager. Nous sommes des enfants face à des miniatures et en une fraction de seconde, ces sphères qui tiennent dans une main sont des univers qui nous englobent tels des métonymies créées par la pensée.

Faire marche arrière est quasi un supplice mais il faut s’extirper du rêve, du jeu, quitter le Tout (le Monde vu de l’intérieur) pour ne plus considérer que la partie (la sphère vue de l’extérieur) pour retranscrire cette expérience unique, ce sentiment éthéré, ce quelque chose d’étrange et d’impalpable à l’orée de la conscience, comme d’avoir été Dieu surplombant un Monde. Et prendre conscience que le Tout qui nous a été offert un instant ne l’a été que par l’entremise de ces œuvres d’à peine trente à cinquante centimètres de diamètre.

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… boule de verre ou boule de bois ?! YaNn Perrier sème la zizanie devant la galerie. Les gens s’esbaudissent, se questionnent, affirment ou pérorent (oui pas moins !) et chacun, allant de son explication, réfléchit à haute voix sur le comment et sur le quoi ! Les plus téméraires franchissent les portes de la galerie tandis que les autres agglutinent leurs questions juste devant. Il s’agit bien de bois (et non de pierre, pas même de bois « un peu » pétrifié). Quant au verre, je fais toujours le même geste en prononçant distinctement « verre organique » : je saisis de mon pouce et de mon index les verres de lunette que je ne porte pas. Du bois du verre… et beaucoup de technique pour rendre cela aussi limpide que de l’eau, et d’apparence aussi léger que de l’air.

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YaNn Perrier, sculpteur, fait son chemin parmi les arbres et les forêts qui nous ont vu naître. Il est de ces grands artistes qui nous font rêver les yeux ouverts.

YaNn permet de voir, toucher, imaginer, se souvenir. Chacune de ses œuvres est à elle seule un condensé d’éclats de lumière et d’instants.

Les photographes, qui ont l’instinct de l’instant et les écrivains, qui ne tremblent pas à l’idée de transformer leurs vagabondages en fiction, savent réinventer des paysages, des lieux, des temps, des gens et des légendes. Grâce à eux même les moines pourraient ressentir la hardiesse d’une caresse et l’éternité d'un clignement.

Le geste minimaliste du photographe sait transformer la lumière en un souffle infini, il déverrouille des portes qui ne se fermeront plus jamais sur l'esprit des hommes. Les écrivains aiment nous faire partager leurs histoires qui deviennent, pour un instant, notre seule réalité. Ils n’ont cure des héritiers mais savent si bien nous rendre orphelins.

Il fallait que la littérature et la photographie viennent se confronter à la puissance évocatrice de l’œuvre de YaNn.

Douze écrivains et deux photographes de talent ont fait l’expérience unique de créer ce livre où l’on comprend que parfois, très rarement, c’est la nature qui copie l’art.


quatrième de couverture du livre

"Cueilleur d'éclats" Isbn 9791095642084

Collection LesGensDe

Editions Souffle court