Galerie Harmattan

40, rue Saint Jean 74120 Megève FRANCE

Tel. +33 (0)6 67 01 93 81

Mis à jour : 31 déc. 2018



Voici une œuvre rarement vue de l’Artiste savoyard Livio Benedetti : « le Toro Bison ». Cette pièce toute en angles et en tensions caractérise le style le plus apprécié de l’artiste. Il émane du Toro Bison une force que l’artiste puise dans son histoire, dans ses passions artistiques et surtout peut-être dans les années 20 qu’il affectionnait.

Cette pièce dans sa patine bleue nuit renvoie plus encore à cette époque où les sensations prédominaient sur la stricte figuration. Car dans les années 20, les fauves sont "digérés" et donnent naissance aux abstraits (Kandinsky et le Blaue Reuter…), c’est aussi l’époque de la vitesse, des lignes de fuite que l’on retrouve chez les affichistes, dans le mobilier et dans le futurisme italien que Livio appréciait tant.

Mais ce Toro n’est pas qu’une émanation du passé, c’est aussi une revendication du présent, du beau, de ce qui est stable : la force brute est intransigeante, et ne laisse aucun doute quant au désir de l’artiste d’échapper aux modes. Il concentre sous sa main tout ce qu’il sait du passé comme du présent et le contraint dans cette forme.

Livio offre une œuvre belle, pleine de puissance, atemporelle car emprunte du passé et résolument fichée dans le contemporain.


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Mis à jour : 18 août 2019



Il n’y a pas d’artiste qui soit une tautologie, hermétique au monde, produisant sans connaissances ni influences… Tout vient de quelque part. La génération spontanée n’existe pas. Pas plus en biologie qu’en art ou pour n’importe quoi d’autre. Rien ne nait par hasard.

Sans essayer de deviner pour quelle raison un artiste nait ou devient artiste, son travail, lui, est toujours le fruit de quelque chose, d’une rencontre, d’une évolution, d’une maturation… de l’Histoire, d’une histoire, de techniques apprises, appliquées, améliorées… mais dans tous les cas : son œuvre nait du travail.

L’image de la forge s’impose à moi. Le désir d’expérimenter, de s’exercer, de travailler laborieusement avant d’acquérir dextérité. De cet apprentissage adjoint de ses propres idées et de sa propre expérience … d’erreurs en découvertes … de découvertes remises en causes, reformulées, déformées, forgées à nouveau… dès lors l’artiste ne travaille plus, il œuvre.

Etre artiste c’est être forgeron. C’est recommencer. Recommencer. Chercher le beau, l’excellence, ou pas forcément : cela peut être de chercher la justesse. Le beau viendra de lui-même. Glaner des idées, formes ou techniques, les adopter, les dépasser. Chercher ! et travailler !

Il n’y a pas d’artiste génial qui n’aie jamais mis de la sueur dans son labeur. Comme pour tout, le travail est à la base. La chance peut intervenir. Mais la chance fait partie du travail.

L’art est un travail de forge. On part d’un matériau dur, un concept compact, une vue mentale qui ne s’effiloche pas, une obsession. On n’attend rien de ce matériau, sauf de l’ouvrager selon un dessein. Alors par la réflexion sans relâche et par l’action, l’artiste l’assouplit.

Travaillé, ployé, amélioré, retravaillé, ployé à nouveau… le matériau reçoit lentement ce supplément d’âme pour devenir autre chose. C’est là, c’est encore un peu diffus, un peu confus… mais du matériau compact et dense nait la matière propre à exprimer une forme et des sentiments.

Combien d’esquisses, combien de coups de ciseaux dans la pierre et de pierres cassées… l’œuvre nait. Non pas l’œuvre au féminin, mais l’œuvre au masculin, car il n’est pas question d’une seule œuvre, mais de l’ensemble de l’oeuvre. De l’ensemble qui grandit, progresse, va vers quelque chose, qui tend à l’absolu de beauté ou de justesse auquel l’artiste est dédié.

Telle une lame damassée qui n’est belle que par la multitude des couches qui la compose, l’œuvre d’un artiste n’est beau et considérable que par la multitude des œuvres qui le compose. Cet oeuvre, il n’est juste que par les innombrables assauts qu’a porté l’artiste pour atteindre cette justesse… Et à la fin, à la toute fin, l’ampleur et la régularité du travail sont un sous-jacent primordial à la qualité d’une œuvre d’art en particulier, comme à la beauté d’une lame damassée…


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Mis à jour : 31 déc. 2018


L’œuvre de Livio BENEDETTI est souvent associée aux taureaux et pour cause, si leurs noms sont parfois évocateurs ou parfois moins évidents, les toro bison, solaire, rosso, livre, enclume ou encore asymétrique… ont toujours inspiré cet artiste.

Il a recherché au fil du temps à interpréter cet animal mythique, le sortant de sa force brute, ou à l’inverse la lui offrant pleinement, imaginant un « Enlèvement d’Europe » ou le faisant danseur comme pour le « toro amoureux». Chacun ayant une âme propre et au plus juste du sentiment que l’artiste cherchait à lui offrir.

La patine lisse et la puissance retenue de ce Toro Rond le font compter parmi ses œuvres les plus belles sur un sujet central de l'artiste.